Une période cruciale pour la croissance et le développement
De la naissance à trois ans, les enfants connaissent une croissance physique rapide, un développement cérébral important et une maturation de leur système immunitaire. Des carences nutritionnelles durant cette période peuvent avoir des conséquences immédiates sur leur santé et leur développement, et peuvent également accroître le risque de conséquences néfastes à long terme, notamment un retard de développement cognitif et une santé fragile plus tard dans la vie.
Les 1 000 premiers jours – de la conception au deuxième anniversaire de l’enfant – sont particulièrement importants, mais la nutrition reste essentielle tout au long de la petite enfance, car les processus de croissance et de développement se poursuivent.
Les pratiques alimentaires et les résultats nutritionnels pendant cette période sont influencés par un large éventail de facteurs interdépendants, notamment :
- Accès aux soins de santé et à l’éducation nutritionnelle
- Conditions socio-économiques et sécurité alimentaire
- Normes culturelles et pratiques familiales
- Santé et nutrition maternelles
- Disponibilité, accessibilité et sécurité des aliments
- Hygiène et assainissement
Ces facteurs interagissent différemment selon les pays, les communautés et les ménages, influençant la manière dont les nourrissons et les jeunes enfants sont nourris et dont leurs besoins nutritionnels sont satisfaits.
Évolution des besoins nutritionnels
Les nourrissons et les jeunes enfants ont des besoins nutritionnels spécifiques qui évoluent avec l’âge et le développement. Les pratiques alimentaires doivent s’adapter à ces besoins changeants afin de garantir une alimentation adéquate à chaque étape.

Petite enfance
(0-5 mois)
Au début de la petite enfance, les besoins nutritionnels sont exceptionnellement élevés par rapport à la taille corporelle. La nutrition doit soutenir une croissance rapide, le développement cérébral et la protection immunitaire.
Le lait maternel offre une nutrition optimale aux nourrissons de cet âge. Lorsque l’allaitement maternel est impossible ou insuffisant, le lait infantile est la seule alternative sûre et nutritionnellement adéquate, spécialement formulée pour répondre aux besoins nutritionnels des nourrissons durant cette période.
À ce stade, les nourrissons dépendent entièrement d’une alimentation à base de lait.
Remarque : Certains nourrissons peuvent être prêts, sur le plan de leur développement, à recevoir des aliments complémentaires adaptés à leur âge, en complément de l’allaitement maternel ou de préparations destinées aux nourrissons, à partir de 4 mois, sur les conseils de professionnels de la santé.

Nourrissons plus âgés
(6-11 mois)
À partir d’environ six mois, les besoins en énergie et en nutriments des nourrissons augmentent, et le lait maternel ou les préparations lactées seuls ne suffisent plus à couvrir tous les besoins nutritionnels.
Cette période marque le début de l’alimentation complémentaire, où des aliments sont introduits en complément de la poursuite de l’allaitement maternel ou de l’alimentation avec des préparations lactées. L’alimentation complémentaire favorise :
- La satisfaction des besoins croissants en énergie et en micronutriments,
- L’introduction de différents goûts et textures,
- Le développement des compétences et des comportements alimentaires.
Durant cette phase, les préparations de suite et les aliments complémentaires scientifiquement formulés, lorsqu’ils sont utilisés de manière appropriée dans le cadre d’une alimentation mixte, peuvent contribuer à assurer l’adéquation nutritionnelle et à réduire les carences en nutriments.

Enfants en bas âge
(12-35 mois)
Au cours de la petite enfance, les enfants passent progressivement à une alimentation familiale plus diversifiée. Bien que le rythme de croissance ralentisse par rapport à la période de nourrisson, les besoins nutritionnels restent élevés.
Les jeunes enfants consomment de petites portions et peuvent présenter des comportements alimentaires sélectifs, ce qui rend difficile l’obtention d’apports adéquats en nutriments essentiels à partir des seuls aliments de consommation courante. Les régimes alimentaires peuvent être pauvres en micronutriments clés, tels que le fer, le zinc, le calcium et la vitamine D, ou à l’inverse, riches en énergie, en sel ou en sucres.
La nutrition au cours de la petite enfance nécessite donc une attention continue portée à la densité nutritionnelle et à la diversité alimentaire. Outre les aliments familiaux appropriés, des aliments complémentaires scientifiquement formulés et des laits de croissance enrichis en micronutriments essentiels peuvent aider à combler les déficits nutritionnels et à soutenir une croissance et un développement sains pendant cette période critique.
Les pratiques alimentaires appropriées et inappropriées coexistent à l'échelle mondiale
Partout dans le monde, diverses pratiques alimentaires sont courantes chez les nourrissons et les jeunes enfants. Certaines favorisent une croissance et un développement sains, tandis que d’autres peuvent entraîner des carences nutritionnelles, des déséquilibres ou une exposition à des aliments dangereux.
Les pratiques alimentaires inappropriées peuvent inclure :
Petite enfance
- Introduction précoce d’aliments ou de liquides qui remplacent l’allaitement maternel exclusif ou le lait infantile
- Les liquides ou aliments nutritionnellement inadéquats, tels que les préparations pour nourrissons faites maison, les laits animaux ou l’eau pure, sont à proscrire
- Préparation ou pratiques d’hygiène non sécuritaires qui augmentent le risque d’infection
Nourrissons plus âgés et petite enfance
- Aliments ou liquides à faible densité nutritionnelle
- Diversité alimentaire limitée
- Les aliments qui apportent une quantité insuffisante de micronutriments ou une quantité excessive d’énergie, de sel ou de sucres
- Préparation et conservation des aliments non sécuritaires
Le fardeau de la malnutrition est nettement plus lourd dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où l’insécurité alimentaire, l’accès limité à une alimentation diversifiée et les conditions d’alimentation précaires sont plus fréquents. Cependant, les problèmes nutritionnels chez les nourrissons et les jeunes enfants existent dans toutes les régions, y compris dans les pays à revenu élevé, et contribuent à la fois à la sous-nutrition et à la suralimentation.
La nutrition spécialisée fait partie des solutions nutritionnelles disponibles
Les aliments diététiques spéciaux – notamment les préparations pour nourrissons, les préparations de suite, les laits de croissance et les aliments complémentaires – sont conçus pour répondre aux besoins nutritionnels spécifiques des nourrissons et des jeunes enfants à différents stades de leur développement.
Utilisés de manière appropriée et responsable, ces produits peuvent :
- Fournir des alternatives ou des compléments sûrs et nutritionnellement adéquats au lait maternel
- Contribuer à combler les carences en nutriments pendant les périodes critiques de croissance
- Fournir une forte densité nutritionnelle dans des portions adaptées à l’âge
- Soutenir la diversité alimentaire
- Offrir une alimentation fiable là où les aliments locaux sont indisponibles, impropres à la consommation ou difficiles à préparer de manière hygiénique
Les aliments et les boissons destinés aux nourrissons et aux jeunes enfants sont soumis à des exigences réglementaires strictes afin de garantir leur innocuité, leur qualité et leur valeur nutritionnelle. Ils constituent un élément d’une approche globale qui comprend également le soutien à l’allaitement maternel, l’éducation nutritionnelle, des systèmes de santé performants et un accès équitable à une alimentation saine.
ODD et objectifs mondiaux de nutrition
En favorisant une alimentation sûre et adéquate sur le plan nutritionnel pendant la petite enfance, les préparations pour nourrissons, les préparations de suite, les laits de croissance et les aliments complémentaires transformés contribuent à des objectifs mondiaux plus larges, notamment :
- Objectif de développement durable n° 2 : Éliminer la faim, assurer la sécurité alimentaire et améliorer la nutrition
- Objectif de développement durable n° 3 : Permettre à tous de vivre en bonne santé et promouvoir le bien-être de tous à tout âge
Elles contribuent également aux progrès accomplis dans la réalisation des Objectifs mondiaux de nutrition, notamment ceux liés à la réduction du retard de croissance, de l’émaciation et du surpoids chez les enfants.
Pour relever ces défis, il est nécessaire d’adopter une approche scientifique et multipartite qui prenne en compte les besoins biologiques, les pratiques d’alimentation réelles et les contraintes contextuelles.