L’ISDI soutient les initiatives visant à améliorer l’état nutritionnel des nourrissons et des jeunes enfants dans le monde entier. Nous soutenons pleinement la mission d’ATNI qui consiste à offrir des régimes alimentaires sains et durables pour tous ; il est essentiel que les entreprises contribuent à une nutrition optimale des nourrissons et des jeunes enfants. De la conception à l’âge de deux ans, la nutrition au cours des premières années de la vie d’un enfant est particulièrement importante.
Au-delà de notre objectif commun d’améliorer l’état nutritionnel des nourrissons et des jeunes enfants, l’indice contribue à mettre en évidence à la fois des mesures durables pour aider à accroître l’accès des consommateurs à des aliments et boissons nutritifs et abordables, et des actions permettant aux fabricants d’exercer de manière responsable leur influence sur le choix des consommateurs.
Les nourrissons et les jeunes enfants en bonne santé ont besoin d’un apport en nutriments adapté à leur âge pour satisfaire leurs besoins de croissance optimale et de développement cérébral. Néanmoins, l’environnement socio-économique et les réalités culturelles diffèrent d’un pays à l’autre.
Par conséquent, pour être véritablement efficace, l’ISDI est d’avis que tout classement et tout indice devraient prendre en compte les éléments suivants, et nous invitons ATNI à reconsidérer son approche de la méthodologie :
- La conformité des entreprises dans la commercialisation de leurs produits devrait être évaluée au regard des lois et réglementations nationales.
Le Code de l’OMS et les résolutions ultérieures de l’AMS sont des recommandations et non des instruments juridiquement contraignants aux fins de la Constitution de l’OMS (article 23).1 Il appartient aux États membres de les traduire en lois locales, réglementations existantes ou autres mesures appropriées en fonction de leurs contextes nationaux et de leurs objectifs de santé publique. La méthodologie d’ATNI évalue les infractions en matière de commercialisation et d’étiquetage au regard du Code de l’OMS et des résolutions ultérieures et pertinentes de l’Assemblée mondiale de la Santé (AMS) (y compris la Résolution WHA69.9) ; elle ne compare pas la performance des entreprises au regard des lois nationales comme minimum. Les lois et réglementations nationales sont des instruments réglementaires contraignants et, à ce titre, l’instrument légitime de référence. Bien que l’ISDI et ses membres soutiennent le but et l’objectif du Code de l’OMS, nos entreprises membres respectent les lois nationales des pays dans lesquels elles opèrent et estiment que les pays sont les mieux placés pour déterminer les réglementations appropriées compte tenu des contextes nationaux. - Le nombre d’« infractions » est fourni en chiffres absolus, plutôt qu’en proportion du portefeuille total de l’entreprise.
Les chiffres absolus sont factuels, mais ne donnent pas une perspective de l’ampleur ou de la proportion des « infractions ». - Bien que l’ISDI salue l’approche de la chaîne de valeur complète adoptée par ATNI, qui prend également en compte les non-conformités attribuées à des tiers contractuels, la sélection des détaillants reste peu claire.
L’ISDI accueillerait favorablement des informations supplémentaires sur la méthodologie de sélection des détaillants. - La notation négative à l’égard des entreprises qui fabriquent des « aliments pour bébés » est également discriminatoire.
Sanctionner les fabricants d’aliments pour bébés dans la notation ne permet pas au grand public et aux investisseurs de comparer objectivement l’ensemble des entreprises de l’agroalimentaire et des boissons incluses dans le Global Index. Trop de nourrissons dans le monde, qu’ils soient allaités, nourris de manière mixte, nourris au biberon ou recevant des alternatives, sont touchés par la malnutrition et ses conséquences – principalement le retard de croissance, l’émaciation et le surpoids. Les fabricants d’aliments pour bébés doivent accorder plus d’attention à la sécurité des aliments, à la qualité des ingrédients et des matières premières et à la R&D afin de garantir que les aliments qu’ils produisent respectent les normes et réglementations nationales. Cela envoie un mauvais signal au sujet d’une industrie qui vise à soutenir les objectifs de santé publique consistant à améliorer la santé des nourrissons grâce à une meilleure nutrition, et compromet toute collaboration constructive entre notre industrie, les régulateurs et les partenaires de la société civile
L’industrie de la nutrition des nourrissons et des jeunes enfants reste déterminée à contribuer à relever les défis de santé, à fournir une nutrition de haute qualité, sûre et adaptée à l’âge des nourrissons et des jeunes enfants, et à soutenir l’éducation à une alimentation saine.
L’ISDI accueillerait favorablement un dialogue approfondi avec ATNI sur l’adaptation de la méthodologie de manière à donner à l’indice non seulement plus de poids et de crédibilité auprès des régulateurs, des investisseurs et de l’industrie elle-même, mais aussi à garantir que son évaluation et ses recommandations profitent à la société dans son ensemble, y compris les gouvernements et les consommateurs.
1. Pour un résumé des instruments de santé relevant de la Constitution de l’OMS, ainsi que de leur caractère juridiquement contraignant ou non, voir l’annexe des Informations générales relatives à l’identification par l’Organe intergouvernemental de négociation de la disposition de la Constitution de l’OMS en vertu de laquelle l’instrument devrait être adopté, 11 juillet 2022 (A/INB/2/INF./1).